Pour commenter ce texte, je me contenterai de reprendre ce qu’en dit l’auteur :
"It’s the fabulous story of the most famous gangsters ever born on this side of universe"
Ha ! Zut, c’est en anglais. On va penser que c’est la liste de courses du Ministre des Finances... Alors on va dire que c’est une vieille histoire de vieux bandits un peu connus, même que, à côté, Jules Bonnot et Louis Mandrin font figure de garnements en culotte courte".
Avec cette nouvelle, Pascal Lantran a été lauréat du concours de nouvelles du Val de Reuil.
Je vous laisse apprécier... A déguster sans modération !
Extrait : Vendetta
Pascal Lantran - ©Plume Service - Reproduction Interdite® - 9 pages
Kahem regarde sa montre et soupire. Le restaurant est fermé depuis plus d’une heure. Il a renvoyé chez eux les ivrognes qui constituent son fonds de commerce, et baissé le rideau métallique derrière les derniers clients. Il a rangé la grande salle du haut, et aéré la petite du bas, celle qui ne sert presque jamais. Il a éteint toutes les lumières, à l’exception de la rangée d’ampoules qui éclairent le comptoir, et de l’applique dans l’escalier. Puis, au départ du garçon de cuisine, il a accroché le volet de bois sur la porte d’entrée, et poussé le verrou.
Kahem surveille la pendule, lui jette un oeil courroucé tout en essuyant le même verre depuis maintenant un bon quart d’heure. Le carillon du beffroi vient de sonner une heure lorsqu’une portière claque, puis une autre. Quelques coups font grincer le rideau.
« Ouvre, c’est Gabriel »
Kahem pose le verre et le torchon, et extirpe péniblement sa bedaine, ses jambes courtes et sa moustache stalinienne de derrière le bar. Il coule un regard méfiant par une fente du rideau, grommelle, et enfin tire le verrou. La porte d’entrée s’ouvre lentement, une jambe entre, suivie d’un corps entier, un corps d’athlète paisible et résolu, aux cheveux noirs et aux yeux bleus, dont la seule présence inspire un respect craintif. Gabriel ne passe pas l’encadrement de la porte, et inspecte la salle du regard.
« Angelo! »
Un blondinet surgit derrière lui, sur le trottoir.
« Vérifie en bas ».
« Oui, Monsieur Gabriel »
« Qui c’est, celui-là ? » grogne Kahem
« Un nouveau, il apprend le métier »
« Tu lui as appris à ne pas défourailler dans mes miroirs, j’espère »
Gabriel sourit, mais ne répond pas. Le gamin remonte déjà.